Où es-tu.
Cette nuit encore, il est venu. le jeune homme est venu. je suis assise devant la maison, je l'aperçois sortant de la forêt et se dirigeant vers moi. Puis il s'arrête, il me lance un regard plain de compassion. Je me lève , je m'approche de lui et je me jette dans ces bras. Dans ces yeux, je lit qu'il sait ma vie. Alors je pleure. Entre ces bras, je sens qu'il sait ma peine. Alors je pleure. Il enveloppe mon corps et mon âme. Il arrache à mes yeux les larmes qui soulagent.
La terre ce réveille. A u dessus d'elle, le soleil la contemple. En escaladant la fenêtre, le vent Harmattan a fait danser les rideaux de ma cage.
Maintenant, pour me tirer du lit, il pose ses main sur mes joue et chuchote à mon oreille. Mais je ne me lèverais pas. Pas tout de suite.
Toujours le même rêve. Quatre-vingts pluies que ce songe me poursuit. Seulement, quand s'accomplira-t-il? Qui est ce jeune homme? Et toi mon amour, où es-tu? Sais-tu que je t'attend? Quand reviendras-tu?
Je ne partirais que lorsque t sera venu me chercher. Mais viendras-tu? M'aimeras-tu encore? Tu sais chaque pluie s'est emparée d'un peut de moi pour l'offrir au torrent de la vie. Il ne reste rien du visage que tu as connu. Les hivernages ont eu raison de chacun de mes pétales. Aujourd'hui je ne suis qu'une vielle femme qui t'attend. Ô mon amour, où es-tu? Moi, je suis là où tu m'as laissée, seule. Parfois, j'ai le sentiment que tu ne vas plus tarder, que tu n'es plus très loin, que j'entends ta voix.
Et parfois, seule la foi en notre amour me donne la force d'attendre, au pied de la cathédrale.